- CHAPITRE II
« Je n'aurais pas du... Ily, reviens-moi. J'ai changé, je ne te ferais plus vivre ça. Je n'aurais pas dû. J'ai fais de moi un pauvre idiot mais je t'aimais vraiment tu sais. Oui, malgré tout ce qui est arrivé, je t'aimais. Vraiment... Ily, je t'aime... »Que voulait-il dire ? Mon cerveau présentement réduit à un néant quasi total voulait savoir. Et je ne pouvais pas faire durer le supplice. En y repensant, peut-être que oui. J'aimerais bien continuer cette partie de jeu de statue mais non, mon cerveau voulait trop savoir. Poussé par un instinct de curiosité primaire, mon cerveau fit ouvrir mes yeux, grands ouverts. Tellement que j'en avais mal. Douleur... Ce mot réveilla un souvenir endormi tout au fond de ma mémoire. Lequel ? Aucune idée. Allons, une chose à la fois.
« Ily... Ily, c'est toi ? »Oui, c'était mon nom. Je ne pouvais pas me tromper, c'était imprimé sur mon bracelet de qualité moindre. Mais être Ily, celle dont il ventait les louanges depuis le début, non, ça, ce n'était pas possible...
« Oui mais... non, justement. Vous vous êtes sans doute tromper de chambre, monsieur... »Étrangement, en prononcant cette phrase, je ressens une émotion nouvelle : la gêne. Je dois lui dire la vérité mais je ne veux pas le décevoir. Il a tellement l'air d'y tenir, à sa Ily chérie. Mais ce n'est pas moi, non, je ne connais pas cet homme. Ni ce qu'est d'être amoureuse. Le pauvre, la déception qu'il doit ressentir.
« Ily, c'est toi. Je sais que c'est toi. Je ne peux pas m'être trompé. Je sais qui tu es, tu es ma femme Ily. »Quelqu'un, quelqu'un, cet homme me prend pour sa femme ! Comment puis-je être sa femme si j'ignore ce que c'est que d'aimer ? Sa main se leva, s'avança lentement vers moi... et toucha mes cheveux, mon front, mes joues. Il murmurait des choses, incompréhensibles pour moi. Peut-être parlait-il d'une autre langue, que sa femme, sa vraie femme devait connaître. Je reculai sur le lit le plus possible. M'éloigner de lui. Pourtant, il persistait encore à venir vers moi, à jouer avec mes cheveux. Je pris sa main d'un geste sec et la remit le plus loin possible.
« Ne... ne me touchez pas. »L'homme me regarda, incrédule. Il n'avait plus cet étrange regard mielleux. Je n'étais pas à manger. Il savait enfin que je n'étais pas sa femme, Dieu merci.
« Mais Ily... Ily chérie... »Il me supplia. Non, il n'avait toujours pas compris. Un jour ou l'autre, tu devras face faire à cette réalité. Oui, je sais, c'est dur mais il le faudra. Tôt ou tard, tu ne pouvais l'éviter. Il tenta à nouveau une approche. C'était le mouvement de trop. Je me retournai le plus rapidement possible pour appuyer sur un bouton à porter de main. Il devait bien être là pour quelque chose. J'esperai qu'il me sauverait des bras de cet homme.
« Monsieur, reculez... Je ne suis pas la bonne personne, croyez-moi. »Ses yeux, déjà bien grands ouverts s'engrandirent encore plus pour se refermer immédiatement, remplis de larmes. C'est à cet instant même qu'une visite imprévue entra dans la place. Une grande femme, jolie, voir mignonne, je dois l'avouer. Cheveux longs, blonds attachés en une jolie queue de cheval et cet habit blanc. De la tête aux pieds, blanc. Blanc, blanc, blanc. Même ses chaussures l'étaient. Elle leva la tête et s'adressa à mon supposé époux.
« Monsieur Midleys, vous m'avez appeler ? » demanda-t-elle sagement.
Midleys, Midleys... cet homme était donc vraiment mon époux ? Pourquoi n'avais aucun souvenir de lui ? Et puis non, ce n'est pas possible ! Lui et moi ne devons sans doute pas être les seuls Midleys sur cette Terre. Pars, vas retrouver ta femme et ne reviens plus.
« Non, Julie, c'est... Ily, elle s'est reveillée. »L'infirmière me regardait, figée. J'aurais pu me lever, la pousser et je suis sure qu'elle n'aurait pas bougé d'un poil. On dirait qu'elle venait de voir une apparition divine. Bien sûr que je suis réveillée, après une nuit tout le monde se réveille, non? Que qu'à les voir agir, je pouvais facilement croire à un monde d'extraterrestres. Un homme qui m'est inconnu qui me prend pour sa femme et une infirmière, une professionnelle qui est surprise de voir une personne réveillée après une sieste -ou une nuit, peu importe. Le temps, une notion que j'avais perdue. Tout comme celle de mon passé, si j'osais me fier aux dires de cet homme fou. Une chose était certaine, celle que je n'étais bel et bien vivante. Comment le savoir? Mon ventre crie famine depuis un moment déjà -c'est mon impression- et ma gorge souffre le martyr comme un homme au milieu du désert.
« Pardon.... Madame? Je pourrais... avoir à manger... et un verre d'eau? »Son regard se détacha de moi un instant. Elle redescendait sur Terre? Peut-être bien.
« Oui, oui bien sûr! s'empressa-t-elle de répondre,
monsieur, je peux vous laisser seule avec madame? »L'étranger -qui était toujours dans ce lieu que je nommais à présent ma chambre- approuva d'un signe de tête, saluant le départ précipité de l'infirmier. Eux, semblaient perdus mais ne l'étaient sans doute pas plus que moi. Qu'auraient-ils fait à ma place? Comment auraient-ils réagit?
Et me voilà de retour à la case départ, avec cet homme qui se dit mon mari. Peut-être suis-je dans un hôpital de fous ou même les employés n'ont ceux résister à l'appel enhivrant de la folie? Et si oui, qui étais-je? Pourquoi étais-je ici alors que je semble être la seule personne lucide?
L'homme s'approcha à nouveau de moi et pose sa -douce- main sur la mienne. Mon poing se crispa aussitôt. Sa seule réaction, à lui, fut de me caresser la main à l'aide de son index. Il se pencha, bien qu'assise, j'étais plus haute que lui.
« Chérie, tu ne me reconnais pas? »
Je soupirai. Il était déterminé à m'avoir pour lui seul, cet homme. Aussi bien embarquer dans son jeu. Je souris. Peut-être ce jeu s'avérera-t-il aussi plaisant que celui de la statue?
« Pardonne-moi... chéri... mais non, pas du tout même. » Tout lueur d'espoir s'éteint de son visage. Parce que oui, il espérait encore que soudainement, je lui avoue mon amour profond pour lui. Déceptions, il allait essuyé. Il ne faut pas s'attendre à plus avec moi.
« Ni de nos fiançailles? Ce jour était pourtant si important à tes yeux... Dis-moi que tu n'as pas oublié... »Une fois de plus, je dus le décevoir. Combien de fois allais-je le décevoir en une journée? Cinq? Dix? Ou plus encore?
« Non plus... Tu peux... m'aider à me souvenir? demandai-je timidement.
»Un sourire se tarça sur son visage. Je dois le dire -secrètement à moi-même- que cela lui donnait un certain charme, qui ne me déplaisait pas. Attirance physique seulement, rajouterais-je pour moi-même.
Il caressa mon visage, mouvant les mèches blondes-rousses qui dissimulaient mes yeux et se lança dans un interminable récit, dont j'étais l'héroine, avec lui. Heureusement pour moi, c'était captivant comme histoire.
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Ne vous en faites pas, le récit de Monsieur Midleys arrive.
Vous aimez?
Merci à vous de me lire ^ ^
ELLE a posté le 10ème commentaire !
Petit coup de gueule: Marre de me faire dire que mon histoire n'est pas bonne pour des critères stupides. Tous les écrivains ne doivent pas avoir la même écriture ! Non..?